Archive for the 'notes de lecture' Category

Benjamin: réception par la distraction

juin 4, 2012

Reblogué depuis mrg | lettrure(s):

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Dans les derniers paragraphes de l'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, Walter Benjamin analyse en termes d'attention les mutations de ce qu'il appelle le mode de perception de nos sociétés. Ce qui caractériserait le mode nouveau serait la "réception par la distraction", concept qu'il explicite par les exemples complémentaires du cinéma (comme art nouveau appelant des modes d'attention nouveaux) et de l'architecture (comme art ancien qui pour sa réception a toujours fait appel à l'usage autant voire plus qu'au recueillement de l'attention) à quoi il oppose la peinture et la poésie comme arts anciens du recueillement (non qu'ils soient indemnes de la mutation, bien au contraire: plutôt "liquidés" de l'intérieur par le geste dada).

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Murakami, essai manqué

octobre 9, 2011

Début de 1Q84 déchargé sur ma liseuse. Cette phrase:

"La sensation de distorsion qu’elle avait éprouvé depuis un moment avait sensiblement disparu."

Je me demande si c’est là, cette imprécision, cette mollesse du style ou de la langue, le fait de l’auteur ou celui de la traductrice.

Je vais vérifier dans la version anglaise, elle aussi disponible en extrait:

"That earlier wrenching sensation had largely subsided."

Bon, je crois que je vais lire Murakami en anglais!

(Mais je me demande: est-ce de l’archaïsme, cette impossibilité, cet insupport? Pourquoi ça me gêne et ça ne gêne pas X ou Y? Lorsque je lisais de la science-fiction, adolescent, j’ai dû en lire de pires et alors la curiosité du monde construit par l’imagination de l’auteur primait sur le souci du détail de ce monde, je crois je n’avais pas même ce souci, je n’avais pas appris ce souci, pas encore assez appris à lire?)

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Istanbul Chez M. Enard

décembre 31, 2010

Dans Mathias Enard, que malgré ma déception j’ai tout de même repris, et fini ce matin, il y a ce beau portrait d’Istanbul par comparaison et composition:

Cette ville ressemble à la Sérénissime, mais dans des proportions fabuleuses, où tout serait multiplié par cent. Une Venise envahie par les sept collines et la puissance de Rome. (p. 71)

Obama: Isra, miraj et Jérusalem dans le discours du Caire

juin 11, 2009

On trouve dans la traduction française officielle du discours de Barack Obama au Caire, jeudi 4 juin dernier, un passage qui m’a semblé d’abord mystérieux:

où Jérusalem sera un lieu de résidence sur et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d’Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l’histoire d’Israh, (Applaudissements), – comme dans l’histoire d’Israh, de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière. (Applaudissements)

Qui donc est cet Israh que le président américain met sur un pied d’égalité avec Moïse, Jésus et Muhammad? Je suis allé voir dans l’original et je me suis rendu compte que le traducteur n’avait vraisemblablement pas compris Obama, faute d’une culture islamique suffisante (ce n’est pas le cas pour la traduction espagnole):

when Jerusalem is a secure and lasting home for Jews and Christians and Muslims, and a place for all of the children of Abraham to mingle peacefully together as in the story of Isra — (applause) — as in the story of Isra, when Moses, Jesus, and Mohammed, peace be upon them, joined in prayer. (Applause.)

Isra ou Israh (Isra’) n’est pas le nom d’un mystérieux prophète mais désigne le "voyage nocturne" du prophète de l’islam qui l’amena de La Mecque à Jérusalem (et c’est le nom de la sourate du Coran qui mentionne ce voyage). Ou plus exactement, dans le discours d’Obama, "the story of Isra" désigne ce que la tradition islamique appelle en arabe al-Isrâ’ wa-l mirâj, qui regroupe le voyage à Jérusalem et, depuis le lieu du Temple de Jérusalem, son ascension à travers les cieux jusqu’à la présence divine et au cours de laquelle il rencontre Moïse et Jésus. (On considère assez généralement que ce miraj, dont il a existé des récits traduits de l’arabe en langues romanes sous le titre de Livre de l’échelle de Mahomet, a été la source principale de la Divine Comédie de Dante.)

La référence est d’importance parce que c’est ce double voyage, dont la tradition islamique discute s’il s’est fait spirituellement, en rêve, ou physiquement, qui fonde le statut de Jérusalem comme second ou troisième lieu saint dans l’islam et donc l’attachement pour Al-Quds, Jérusalem, et les revendications qui s’ensuivent. Il y a ainsi, dans le discours d’Obama, par cette allusion en particulier, une reconnaissance de la légitimité de ces revendications. Mais il y a aussi, à l’intention des musulmans, un rappel de l’héritage judeo-chrétien de l’islam, de l’enracinement de l’islam dans la tradition biblique (voir la discussion récente ici), d’une dette, en somme, que l’extrémisme islamique voudrait oblitérer.

Ecrit de Belgrade / Lady Montagu (1717)

octobre 25, 2008

Lettre de Belgrade, le 12 janvier 1717, à Alexander Pope:

Mes seules distractions sont les dicussions que j’échange avec notre hôte, Ahmet Bey, titre plus ou moins équivalent à celui de comte en Allemagne. Son père était un grand pacha et il a reçu une éducation orientale des plus accomplies. Il parle à la perfection l’arabe et le persan, et est un admirable lettré, appelé ici effendi. Une telle formation ouvre la voie aux plus nobles carrières, mais il a eu le bon sens de préférer une vie confortable, tranquille et sûre à tous les hasardeux honneurs de la Sublime Porte. Il soupe avec nous chaque soir et boit du vin résolument. Je ne saurais vous dire à quel point il apprécie la liberté de nos conversations. [...] Nous avons lui et moi de fréquents débats sur les contrastes entre nos coutumes et particulièrement sur la réclusion des femmes. Il n’y a rien de grave à ce propos, m’assure-t-il, et cela présente même un avantage: quand une épouse trompe son mari, personne ne le sait. Il a plus d’esprit et d’instruction que bien des chrétiens de qualité. [...] Mais ces divertissements n’entament en rien mon vif désir de quitter cet endroit, même si le temps est encore plus froid, ce me semble, qu’il ne l’a jamais été hors du Groenland. Nous avons un très gros poêle que nous poussons sans cesse et malgré cela les fenêtres de la pièce sont gelées de l’intérieur.

Lady Mary W. Montagu, qui avait épousé son mari à condition qu’il la fasse voyager, écrit cette lettre pendant son voyage d’aller à Istanbul où lord Montagu vient d’être nommé ambassadeur.

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"Ce que devrait faire le nouveau président américain quant à l’Iran…"

mai 11, 2008

Sur History News Network, Michael Axworthy:

Le seul moyen sûr de se prémunir contre l’acquisition de l’arme nucléaire et de rejeter ces appels à l’action militaire – et de négocier un règlement global de tous les contentieux entre l’Iran et les Etats-Unis, tel que les deux parties puissent reprendre des relations normales sur une base de respect mutuel au moins, d’amitié si possible.

Après la chute de Baghdad au printemps 2003, le gouvernement iranien envoya aux américains (par l’intermédiaire du gouvernement suisse) une proposition de pourparlers en vue d’un "Grand Accord" ["Grand Bargain"] qui permettrait la résolution de la dispute nucléaire et la reconnaissance de facto d’Israël. L’administration Bush ignora la proposition, et reprocha aux Suisses de l’avoir transmise.

Un grand nombre d’observateurs, depuis Paul Wolfowitz jusqu’au fils du dernier Shah, depuis le dissident Akbar Ganji jusqu’au prix Nobel Shirin Ebadi, ont prévenu contre une action militaire, préconisant au contraire de permettre aux Iraniens de développer eux-mêmes un gouvernement plus libre, plus réellement représentatif, sans interférence extérieure.

L’histoire de l’Iran sur les 2 derniers siècles est en partie l’histoire d’une colère populaire croissante contre les ingérences extérieures, fondée sur une vieille aversion Shi’ite pour l’arrogance du pouvoir.

L’Iran est un vieux pays, avec une fierté pour son histoire et sa culture qui ont plus de 3000 ans, et cette culture a eu une influence dont beaucoup d’Américains et d’Européens n’ont pas la moindre idée. C’est une culture qui met une grande valeur sur l’éducation et les réalisations intellectuelles.

Cette génération cruciale [mieux éduquée] de jeunes Iraniens va-t-elle être rendue durablement hostile aux valeurs occidentales par une action militaire occidentale malheureuse? Ou ses instincts pro-occidentaux vont-ils être encouragés par une politique américaine déterminée de reconciliation qui peut attirer le régime iranien dans une réponse du même type? Mon profond espoir est que le prochain président américain choisira la seconde alternative.

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Dans le cabinet d’un homme de lettres (fragment de journal)

mai 3, 2008

Dans le cabinet d’un homme de lettres: pratiques lettrées dans l’Égypte byzantine, d’après le dossier de Dioscore d’Aphrodite / Jean-Luc Fournet
(in: Jacob, Christian (dir.). Des Alexandries II. Paris: Bibliothèque nationale de France, 2003.)

Lundi 28 avril

J’ai fini l’article jeudi ou vendredi. J’en retiens le postionnement de la littérature classique: pratique de la littérature (sur un corpus extrêmement restreint – à se demander si le fonds trouvé est vraiment représentatif de ce qu’était la bibliothèque du lettré en général et de Dioscore en particulier) en liaison étroite avec la pratique pédagogique d’un côté et la pratique "documentaire" (notariale et juridique) de l’autre.

p. 85: Voilà qui dénote une société imbue de culture, dans laquelle l’action administrative, politique ou même privée ne se conçoit pas sans les belles-lettres et particulièrement la poésie, mode d’expression idéalisé. Cela traduit, en même temps, selon une tendance qui n’est pas propre à l’époque byzantine mais se renforce alors, une conception fonctionnaliste de la culture littéraire, qui est récupérée, instrumentalisée à tous les niveaux (le maître d’école, le lecteur dans sa bibliothèque, le poète-rhéteur ou le notaire-fonctionnaire) et qui, aux antipodes du ludisme ou de la gratuité artistiques, est au service de l’action publique ou privée.

Voir la fin de l’article qui fait bien la synthèse des enjeux théoriques. Parle en particulier de "littérarisation" du document ("document" est à prendre au sens de document administratif, etc., opposé à "texte"(littéraire)): inclusion d’éléments de culture littéraire, par le lexique, voire emploi de formes homériques archaïques, dans le document, pétition en particulier, et de "documentarisation" de la littérature: par exemple envoi de poèmes joints à des pétitions.

p. 68: On voit qu’une bibliothèque antique n’est pas forcément un lieu de délicates jouissances littéraires ou intellectuelles, mais le conservatoire d’ouvrages de référence destinés à servir.

(voir aussi)

éthopées

Une chose qui me fait songer en passant: Fournet voit dans la composition, sous forme de courts poèmes, d’éthopées autour d’Achille, l’attestation que Dioscore a exercé une activité de grammatikos et de la proximité entre la fonction pédagogique et la fonction littéraire. L’éthopée est un exercice rhétorique, scolaire, un progymnasmaton où l’on imagine les paroles d’un personnage dans une situation particulière de manière à exprimer le caractère propre dudit personnage ("Quelles paroles prononcerait Achille mourant par la faute de Polyxène?").

Il y a chez Proust (retrouver où) le reflet de tels exercices dans l’enseignement secondaire à la fin du 19e s. (et on en trouverait sans doute des attestations beaucoup plus récentes). L’éthopée empruntera alors ses personnages plus volontiers au théâtre français classique ("Imaginez les paroles de Phèdre…?" – retrouver l’exemple proustien).

Ce qui me frappe, c’est d’une part l’ancienneté de l’exercice (mais attention, la pratique ne s’est pas continuée sans interruption depuis l’Antiquité grecque, sa reprise est sans doute un des éléments de ce phénomène extraordinaire qu’a été la Renaissance, phénomène dont Henri-Jean Martin disait jadis à son séminaire qu’il résistait à la compréhension, compréhension dont les conditions semblent s’éloigner de nous chaque jour un peu plus), je ne sais pas trop s’il faut voir dans la comparaison Achille vs. Ulysse de l’Hippias mineur (à vérifier) soit l’un des plus anciens dialogues de Platon, l’attestation de tels progymnasmata ou la préhistoire de ceux-ci (faudrait revoir dans Marrou), l’ancienneté de l’exercice, donc, et d’autre part combien aujourd’hui il est radicalement étranger à notre conception de l’éducation, combien rapidement il est devenu exotique.

Ponchettes

Et je pense aux filets des Ponchettes. Pendant toute mon enfance, le rivage des Ponchettes, au bout de la Promenade des Anglais, sous la colline du Château, était couvert de barques et de filets de pêche, étalés sur les embanquements pour être inspectés et ravaudés par les pêcheurs, retour de leur sortie matinale. Jusqu’au 19e siècle, Nice n’avait pas d’autre port que ce bout de plage, entre l’embouchure du Paillon et les "petites pointes" que faisait l’avancée du rocher sur la mer. Ainsi pendant plus de 2 millénaires, depuis que des Grecs Massaliotes s’établirent ici, au 6e siècle avant l’ère commune, des barques étaient hélées sur ce rivage et des filets étalés sur ses embanquements et cela cessa avec mon enfance, dans les années 60.

(Ecrit de ma chambre d’hôtel, qui ne donne pas vers le Vieux Port, pour une fois, mais sur la rue Sainte, et la Bonne Mère veille, de derrière un coin d’immeuble, sur mon lit, illuminée comme une chasse.)

Ashis Nandy: L’Ennemi intime (1984), Kipling

novembre 7, 2007

Les deux passages sur Kipling sont le "cadeau" de ce livre, l’élucidation du statut très particulier que tient pour moi Kim dans l’oeuvre de Kipling. J’ai lu tard Kim, après un premier voyage en Inde et si j’ai depuis longtemps du goût pour l’oeuvre de Kipling, le plaisir pris à la lecture de Kim était d’un autre ordre. J’ai regretté d’avoir attendu aussi longtemps de le lire, d’en avoir privé de la lecture l’adolescent en moi (qui cependant, pas vraiment mort, a jubilé tout le temps de la lecture de l’homme mûr). Le récit empathique – dont je ne donne pas d’extrait ici, il faut lire de longue – que Nandy fait de l’histoire individuelle et subjective de Kipling éclaire d’une lumière d’évidence le privilège de Kim sur le reste de l’oeuvre. Il donne à comprendre que Kim (dont Nandy ne parle pas mais qui s’anime et s’impose parallèlement à la lecture comme le double heureux du malheureux Kipling) fut pour Kipling une sorte de reconciliation fantasmatique de ses deux moi antagonistes (cf. infra) et, à ce titre, un programme d’accomplissement pour l’enfant ou l’adolescent qui le lit.

L’Ennemi intime : Perte de soi et retour à soi sous le colonialisme / Ashis Nandy.- Paris, 2007. (trad. Annie Montaut)

Kipling fut sans doute le bâtisseur le plus original des mythes nécessaires au maintien de l’amour-propre dans une puissance coloniale. Les corrélats psychiques de son idéologie impérialiste se sont souvent aussi trouvés être les corrélats de l’image que se faisait l’Occident du non-Occident.

(…) sa vision du monde originelle font de lui autre chose qu’un impérialiste forcené à l’identité cohérente. Personnalité tragique, il cherchait, comme je le démontre, à désavouer par haine de soi un aspect de son moi identifié à l’indianité – à son tour identifiée à la victimisation, à l’ostracisme et à la violence -, à cause de la cruauté de sa première rencontre avec l’Angleterre au terme d’une enfance idyllique en Inde. (p. 79)

L’image de l’Indien efféminé, passif-agressif, "mi-sauvage mi-enfant" chez Kipling, était plus qu’un stéréotype anglo-indien: c’était une facette de l’authenticité de Kipling et l’autre visage de l’Europe. (p. 80)

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Vie quotidienne à Bokhara (1863), libraires et marchand de thé

octobre 21, 2007

Je menais une vie régulière s’il en fût. En premier lieu, avant de sortir de chez moi, je m’acquittais de tous les devoirs imposés aux Derviches et auxquels, en cette qualité, j’étais astreint. Puis je me dirigeais vers le bazar de la librairie, lequel renferme vingt-six boutiques. Les ouvrages imprimés y sont rares. J’ai vu, en revanche, là et dans les maisons des libraires (chacun gardant à part lui ce qu’il a de plus précieux), bien des trésors auxquels nos Orientalistes, soit historiens, soit philosophes, assigneraient une valeur incalculable. Placé comme je l’étais, je ne pouvais songer à aucune emplette de ce genre, d’abord faute de ressources pécuniaires, mais ensuite, et surtout, parce que la moindre apparence de préoccupations mondaines et de savoir mondain auraient fait tort à mon déguisement. Les manuscrits, en bien petit nombre, que j’ai rapportés de Bokhara et de Samarkand, n’ont pu être achetés qu’avec des peines infinies, et ce fut avec une véritable angoisse que je me vis forcé de laisser derrière moi tels et tels ouvrages qui auraient comblé plus d’une lacune importante dans nos études orientales. En quittant le marché aux livres, je me rendais d’habitude au Righistan (place publique), situé loin de là. (…)

Au sortir du Righistan, j’allais m’installer dans l’échoppe à thé d’un Chinois de Komoul, très familier avec la langue turco-tartare et qui passait pour bon musulman. Ce brave homme me témoignait une véritable amitié, malgré la distance qui séparait nos deux patries. Il se plaisait à m’entretenir de la sienne et entrait dans mille détails sur la beauté du pays, les moeurs des habitants, l’excellence de la cuisine, etc.. Mais c’était en matière de thé qu’il déployait surtout des trésors d’éloquence. Avec quel enthousiasme ne parlait-il pas de son arbuste chéri et des saveurs variées que présentent les feuilles de la même tige. Son magasin en refermait de seize espèces différentes, qu’il savait discerner au toucher.

Arminius Vambéry (1832-1913), Voyage d’un faux derviche en Asie Centrale (1863), in Le Voyage en Asie centrale et au Tibet, Laffont, 1992.

"Pouvoir et persuasion…" / Peter Brown (2. paideia)

septembre 24, 2007

(Un post qui était resté à l’état de brouillon depuis le mois de mai! Comme je ne sais pas quand j’aurais l’occasion de revenir sur livre de Peter Brown, je le poste tel quel. Voir le post précédent sur le même sujet: “Pouvoir et persuasion…” / Peter Brown (1. empire, cités, élites, rhétorique) .)

Pouvoir et persuasion dans l’Antiquité tardive: vers un Empire chrétien / Peter Brown, trad. Pierre Chuvin.- Paris: Le Seuil, 1998 (1992)

Chap. 2: La paideia et le pouvoir.

"Vêtus d’une petite toge, les cheveux impeccablement coiffés", les garçons déclamaient sur des thèmes classiques. La rhétorique était considérée comme l’antichambre de la vie publique, à tel point que la classe de Libanius n’était séparée du conseil municipal que par un étroit couloir. Aux périodes de crise, les hurlements des notables désespérés servaient de fond sonore à son enseignement.

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